Chère lectrice, cher lecteur,
Je me souviens de cette chanson d’un groupe belge qu’écoutait Matthieu, le frère d’un ami à moi, chaque fois que j’allais dîner chez eux. Elle avait exactement le titre de cette lettre.
C’était avant la crise de 2007. Il y avait même, m’avait-il raconté, une référence au Plat Pays de Jacques Brel. Toujours est-il que, comme la chanson le préconisait, le fils de cet ami s’est sauvé de Belgique.
Il vit désormais à Singapour, il a une femme américaine et trois enfants là-bas. Il voyage beaucoup en Asie.
Nous avons gardé contact, et c’est une personne toujours ouverte, agréable et, quoiqu’il n’ait pas toujours beaucoup de temps devant lui, il vit dans une relative aisance qui lui rend la vie plus douce que chez nous.
Il n’a pas l’impression de vivre dans un monde qui s’écroule. Il me dit que l’Asie, ou du moins cette Asie où il a fait carrière, voit l’avenir avec beaucoup d’enthousiasme.
Ils ne s’inquiètent pas de l’arrivée de l’IA. En général, la technologie ne les effraie pas outre mesure. L’économie va bien, les gens lisent.
Il y a là-bas gens qui travaillent sur eux. Les notions de bien public et de moralité spirituelle ne sont pas des faux-semblants (me dit-il). Il y a des hauts et des bas, mais "ça va".
Pour nous, la situation est un tout petit peu plus embarrassante, et peut-être même compromettante, y compris pour notre santé - la vôtre et la mienne. Il est donc temps qu’on en parle.
D’abord, l’angoisse
L’un des principaux facteurs les plus nocifs à propos de la société actuelle, telle qu’elle s’est transformée depuis la pandémie, est évidemment l’intimidation.
Il suffit d’emblée de vous rappeler que c’est cette arme psychologique qui a été employée durant la pandémie pour vous faire prendre l’injection expérimentale et vous faire accepter le "passe sanitaire".
Or désormais, l’intimidation est partout. Elle est à la télévision, sur les réseaux sociaux, chez tous ceux qui essaient de vous communiquer des urgences légitimes ou illégitimes.
Nous vivons dans une société où tout le langage et la communication sur des sujets sérieux se font dans la langue de l’intimidation.
Et autant vous le dire, c’est sacrément toxique. Cela vous rend malade physiquement et cela vous mine le moral, ce qui n’est pas bon non plus pour le physique...
Chacun fait de son mieux pour vous intimider :
- Les pouvoirs publics veulent vous retirer l’argent liquide pour bientôt liquider votre épargne et réduire à néant toute rente immobilière ou retraite.
- Des barbares brûlent les églises et le passé avec, ou encore s’en prennent aux œuvres d’art.
- Des voyous font des choses innommables chaque jour, et ils n’épargnent pas les dames, même d’un âge très avancé.
- Ceux qui dénoncent cela ne sont pas non plus avares en image...
Bref, tout ce que vous trouvez derrière un écran désormais conspire à vous écraser mentalement, et donc physiquement.
Certes, ce n’est pas à moi de vous dire dans quoi investir pour vous sentir à l’abri.
Mais je peux vous dire qu’une maison de campagne bien placée, dans une région ou un pays au calme, ça paraît de plus en plus indispensable.
La vie au naturel, c’est encore possible
C’est une réalité : vous pouvez encore vivre une vie au calme, en mangeant des produits de bonne qualité, avec un air et une eau de bonne qualité.
Cependant, cela demande des recherches, et aussi, de la persévérance.
- Choisissez une région que vous trouvez belle.
- Le mieux est de parler la langue du coin.
- Si vous n’avez pas d’ami qui vit sur place, si vous n’avez pas d’autre membre de votre famille élargi qui décide de partir avec vous, comptez une bonne dizaine d’années pour vous faire des amis fiables.
- Enfin, dernier conseil, ne limitez pas vos recherches à un pays limitrophe, mais aussi, réfléchissez à un endroit qui vous permette de revenir facilement.
En effet, partir implique aussi de revenir régulièrement, notamment pour régler les éventuels problèmes financiers (sinon de santé) auxquels la vie nous confronte irrémédiablement.
Meilleure qualité de vie, meilleure santé
Beaucoup de mes amis choisissent l’Europe du sud. L’endroit dépend de leur âge... et de leur degré de frilosité !
Si vous détestez avoir froid et que les grandes chaleurs ne vous effraient pas, vous pouvez choisir l’intérieur des terres : la nourriture est de très bonne qualité, la vie est vraiment bon marché.
Les problèmes que vous aurez sont au niveau des ouvriers et de l’entretien de votre bien, ainsi, parfois, que des soins, car ces régions se vident en termes de population...
Si vous avez besoin de plus d’air, le bord de mer vous conviendra mieux, mais c’est plus cher. Et encore plus si vous choisissez une grande ville au bord de la mer.
L’avantage dans ce cas-là - et je pense à mon amie qui vit à Lisbonne - est de pouvoir transférer sa rente immobilière et de quitter la Belgique et la France, qui sont rentrées dans une spirale budgétaire infernale.
La réalité est que les pays où nous avons grandi traversent un moment tout à fait difficile.
Le modèle social est en train de s’effondrer, et il ne fait pas bon d’y mûrir... à moins de connaître les quelques campagnes encore un peu protégées...
Partir, n’est-ce pas trahir ?
J’étais en train de déjeuner dehors, il y a quelques jours, quand j’entendis deux hommes en train de discuter ardemment d’un éventuel départ. Appelons-les Raphaël et Gabriel.
Le plus jeune, Raphaël, s’était expatrié en Bulgarie, et il y vivait remarquablement bien. Il n’avait pas encore femme et enfant.
Il travaillait pour la Belgique, était mal payé selon nos critères, mais ça lui suffisait. Il incitait Gabriel, un peu plus âgé et lui aussi sans femme et sans enfant, à partir de Paris, où il vivait.
Gabriel n’y arrivait pas, même s’il lui était insupportable de vivre à Paris, comme il le faisait encore.
Il attendait la prochaine élection. Il y avait sa famille, ses amis. Et il avait beau travailler beaucoup et ne pas avoir une vie sociale si passionnante, il restait attaché à son cadre de vie.
Mais la dernière finale de la Ligue des Champions l’a refroidi : il avait vu "la fin du monde" selon ses propres termes. Qu’est-ce que ce serait dans 20 ans ?
On ne peut pas aider les autres si on ne s’aide pas soi-même
Raphaël était né en Argentine un peu avant la grande crise et il le rappela à Gabriel : il y a quelques fois des moments où l’on ne peut rien faire d’autre que voter avec ses pieds et rester en bonne santé.
Pour ma part, je préfère pour l’instant, parce que j’en ai la possibilité, partager ma vie entre la méditerranée et la mer du nord, parce que j’en ai encore la possibilité.
Gabriel n’a rien reproché à Raphaël : il doutait lui-même de pouvoir être utile à son entourage à force de passer son temps à courir après le temps qui passe et à essayer de joindre les deux bouts.
La réalité est que nous vivons, en Europe de l’Ouest, dans des régimes qui cherchent sans cesse à nous effrayer, à nous déprimer, à épuiser nos capacités de résistance. Bref, nous vivons sous des régimes toxiques.
Ce qui veut dire qu’en partant, nous pouvons être tout aussi utiles aux gens que nous aimons qu’en restant. Parfois même, en les accueillant, nous pouvons même leur être encore plus utiles !
En tout cas, c’est sûr qu’on ne peut pas être utile aux autres si l’on n’arrive déjà pas à être utile à soi-même.
Et vous, comptez-vous partir ? Avez-vous des "plans" ? N’hésitez pas à m’en faire part dans les commentaires.
Planifiez votre fuite