Chère lectrice, cher lecteur,
Ça y est, le 17 janvier 2026 restera dans l’histoire comme le jour de la signature le Mercosur ! Quelle joie, quel ravissement ! Que les cieux se réjouissent ! Lætentur cœli !
Il faut dire que nous sommes extatiques à l’idée de pouvoir enfin manger de la viande nourrie à l’atrazine, pesticide pourtant interdit dans l’Union européenne...
Mais après tout, il faut que ça avance ! Si l’UE recule, comment voulez-vous qu’elle nous bouscule ? Heureusement, elle va nous imposer, toute progressiste qu’elle est, le traité du Mercosur avec l’Amérique du sud...
Les paysans doivent disparaître
Ce traité signifie la mort des agriculteurs français, et donc la fin de l’économie rurale et des circuits d’alimentation courts. Mais bon... on ne fait pas l’omelette du progrès sans briser des traditions !
Pourtant, nous avons eu beau seriner à nos responsables politiques qu’un éleveur français ne peut faire face en même temps
- Aux normes européennes.
- Aux exigences encore plus élevées de la France (la "surtransposition" des normes européennes).
- À la surveillance acharnée de sa propre production (par drones même pour les céréaliers...).
- Et enfin, au raz-de-marée de viande hormonée venue d’Amérique du sud, exportée en Europe sans le moindre respect des normes précitées.
Il s’agit donc de tuer l’agriculture française, et en particulier les éleveurs, tout en vous faisant manger la viande la plus mauvaise possible pour votre santé...
Merci l’Europe !!!
Nouveaux nés, déjà débiles
Bien sûr, il n’y a pas que l’atrazine que vous mangerez avec votre viande uniformément sudaméricaine, mais je tiens vraiment à prendre cette petite molécule comme exemple de la malfaisance insoutenable de ceux qui nous gouvernent.
De 2002 à 2006, en France, une étude épidémiologique officielle réalisée en Bretagne sur 3 500 femmes enceintes en début de grossesse, « a mis en évidence que les femmes ayant des traces d’atrazine dans les urines avaient 70% de risque supplémentaire de mettre au monde un enfant ayant une faible circonférence crânienne à la naissance ».
Avec, pour conséquence, « un moindre développement neurocognitif » et « 50% de risque supplémentaire d’avoir un enfant de petit poids à la naissance ».
Le biologiste Tyrone Hayes, de l'université de Berkeley en Californie, une référence mondiale dans ce domaine, est arrivé à la même conclusion que l’INSERM.
En 2007, il publie un rapport mettant en cause l'atrazine comme cause potentielle de certains cancers de la prostate et de cancer du sein.
Eh bien, maintenant, l’atrazine, vous allez en manger aussi souvent que de la viande ! Il est temps de partager un peu de la souffrance animale, non ?
Le pesticide de la honte
Réintroduire ce pesticide qu’est l’atrazine est un acte hostile envers la population.
Surtout quand il a été prouvé qu’il est d’une toxicité aiguë pour tous les vertébrés à sang chaud dont nous faisons partie.
Surtout quand il a des effets immunosuppresseurs sur les animaux.
Surtout quand il féminise les batraciens au point qu’ils ne se reproduisent plus, quand il ne les tue pas purement et simplement, parfois de façon atroce, comme les hémorragies internes qu’il cause à la salamandre.
Surtout quand il s’agit du PRINCIPAL POLLUANT des eaux françaises ! Encore aujourd’hui !
Alors qu’il a été interdit en France il y a plus de 20 ans, en 2003 !
Mais heureusement, nous avons déjà été un peu accoutumés... l’Italie vend des tonnes d’atrazine au Brésil, qui se retrouvent ensuite dans les oranges et le café brésilien que nous consommons en Europe [1]
Et comme on n’arrête pas (l’ordre et) le progrès, ce pesticide va se retrouver dans nos viandes, tout le temps, partout.
Merci le Mercosur !
On manquait de cancers, c’est ça ?
On se rendait bien compte qu’il nous manquait quelque chose. Pas de la nourriture de bonne qualité à bas prix, non...
Nous sommes en trop bonne santé, nous vivons trop longtemps, nous ne consommons pas assez. On s’ennuyait - il était temps que ça change ! (surtout pour nos politiques si attentionnés...)
Pour une société qui bouge, qui soit économiquement productive, il faut une société jeune.
Nos pays sont trop densément peuplés, trop vieux, et pire encore, ils ne veulent pas faire la guerre... vous vous rendez compte ! Alors qu’il s’agit pourtant du moteur premier de l’innovation !
Vraiment, nous sommes des ingrats vis-à-vis de la grande économie industrielle qui nous a tant donné dans l’histoire.
Heureusement, nos politiques ont décidé de refaire partir l’économie en relançant la machine du cancer à plein, de façon à créer un nouveau boum dans l’industrie médicale.
Et puis, nos populations ont besoin d’être rajeunies, il faut qu’elles redécouvrent le carpe diem ! Attendez. Vous pensez encore à vous avant de penser à l’économie de votre pays ? Bande d’ingrats !
Les fermiers sont (trop) sympas
Vous allez me dire que je noircis tout, et qu’au lieu de viande indirectement cancéreuse, on pourrait nous faire manger de la viande élevée en laboratoire, qui est en fait de l’authentique cancer de bœuf !
Mais vous le savez désormais. Si l’on vous menace d’un cran supplémentaire dans l’horreur, c’est pour que vous soyez déjà contents de vous faire « pas trop avoir ».
Cela ne modifie pas ma position : l’atrazine est très au-delà de ce qu’un citoyen ordinaire est en droit de supporter.
Et on finit par se dire que les fermiers sont bien gentils... parce que, quand on commence à jouer avec la santé de la population à ce point-là, on joue avec le feu.
N’hésitez pas à soutenir les paysans de toutes les façons possibles. Il en dépend de nos vies à tous.
Dites adieu à la bonne nourriture